Vous lancez un test, vous obtenez 180 Mb/s. Vous relancez cinq minutes plus tard, vous obtenez 95 Mb/s. Vous essayez un autre site, vous obtenez 240 Mb/s. Aucun de ces chiffres n'est faux : ils mesurent simplement des choses légèrement différentes, dans des conditions différentes. Voici comment lire un résultat sans se tromper.
Un test de débit ne mesure pas la capacité de votre abonnement. Il mesure la capacité du trajet complet entre votre appareil et un serveur donné, à un instant donné. Ce trajet comprend au minimum : votre appareil, sa carte réseau, la liaison Wi-Fi ou Ethernet, votre box, la boucle locale de votre opérateur, son réseau national, les points d'interconnexion entre opérateurs, puis le réseau et le serveur de test.
Le maillon le plus faible de cette chaîne fixe le résultat. Dans l'immense majorité des cas, ce maillon n'est pas votre abonnement mais votre Wi-Fi.
Le Wi-Fi. C'est la première cause, et de loin. Un appareil connecté en 2,4 GHz plafonne souvent entre 30 et 60 Mb/s réels, quelle que soit l'offre souscrite. Deux murs porteurs suffisent à diviser le débit par trois.
L'appareil de test. Un ordinateur ancien, un smartphone d'entrée de gamme ou un navigateur chargé d'extensions peuvent devenir le facteur limitant au delà de quelques centaines de mégabits par seconde. Le test consomme du processeur.
Les autres usages du foyer. Une mise à jour de console, une sauvegarde cloud ou un téléviseur allumé dans une autre pièce consomment de la bande passante pendant la mesure.
L'heure de la mesure. Les réseaux sont dimensionnés pour une charge moyenne. En soirée, entre 20 h et 23 h, un même test peut rendre un résultat sensiblement inférieur à celui de la matinée.
Le serveur de test choisi. Un serveur proche et bien connecté à votre opérateur donnera un meilleur chiffre qu'un serveur lointain. Ce n'est pas de la triche : c'est la réalité du trajet emprunté.
Le VPN et les logiciels de sécurité. Un VPN chiffre et détourne tout le trafic, ce qui coûte de la latence et souvent une partie du débit. Certains antivirus inspectent le trafic HTTPS et pénalisent les gros transferts.
Notez à chaque fois l'heure, le mode de connexion et l'appareil utilisé. Si vous devez ouvrir un dossier auprès de votre opérateur, cette série de mesures datées vaut infiniment mieux qu'une capture d'écran isolée.
Notre test de vitesse de connexion fonctionne entièrement dans votre navigateur, sans installation ni extension. Il se déroule en trois temps. La latence est d'abord estimée par plusieurs requêtes très courtes vers notre serveur, dont on retient la moyenne. Le débit descendant est ensuite mesuré en téléchargeant un fichier de test de 5 Mo généré à la volée, non compressible et non mis en cache. Le débit montant est enfin mesuré en envoyant un volume équivalent vers le serveur, la progression du transfert servant à animer le cadran.
Cette méthode a une limite qu'il faut connaître : elle utilise un seul flux vers un seul serveur. Les tests qui ouvrent une dizaine de connexions simultanées vers plusieurs serveurs saturent mieux les accès très rapides et affichent donc des chiffres plus élevés sur la fibre. Sur une connexion inférieure à 100 Mb/s, l'écart est en revanche marginal. Un résultat unique doit toujours se lire comme un ordre de grandeur, jamais comme une valeur certifiée.
Un site lent n'est pas nécessairement le signe d'une connexion lente. Notre outil de test de vitesse d'un site internet mesure les performances vues depuis notre serveur, et non depuis chez vous : code de réponse HTTP, temps d'établissement de la connexion TCP, temps de réponse du serveur et durée totale de la requête.
La valeur la plus parlante est le TTFB, pour Time To First Byte, c'est à dire le délai avant le premier octet renvoyé. En dessous de 200 ms, le serveur est réactif. Entre 200 et 500 ms, la marge de progression existe. Au delà de 500 ms, le problème vient presque toujours du serveur ou de l'application qui génère la page, pas de la connexion du visiteur.
Un écart ponctuel entre le débit annoncé et le débit mesuré ne justifie pas une réclamation. En revanche, plusieurs mesures réalisées en Ethernet, à des heures différentes, sur plusieurs jours, et qui restent nettement sous le débit contractuel, constituent un dossier solide. Ajoutez les valeurs de latence : une latence anormalement élevée sur une ligne fibre est souvent le signe d'un problème d'équipement plutôt que de capacité.
En France, l'Arcep met à disposition la plateforme jalerte.arcep.fr pour signaler un dysfonctionnement persistant lorsque l'opérateur ne répond pas.
Pour comprendre les unités et les ordres de grandeur cités ici, consultez la page comprendre le débit de sa connexion. Si vos mesures sont basses, la page améliorer sa connexion internet détaille les corrections à tester dans l'ordre.