Un test de vitesse renvoie trois chiffres : un ping, un débit descendant et un débit montant. Pris isolément, ces chiffres ne veulent pas dire grand chose. Cette page explique ce qu'ils mesurent réellement, pourquoi le débit affiché par votre opérateur n'est jamais celui que vous obtenez, et quel débit est nécessaire pour chacun de vos usages quotidiens.
Les débits internet s'expriment en mégabits par seconde, notés Mb/s ou Mbps. Les tailles de fichiers, elles, s'expriment en mégaoctets, notés Mo. Or un octet vaut huit bits. Un débit de 100 Mb/s ne permet donc pas de télécharger 100 Mo par seconde, mais huit fois moins, soit environ 12,5 Mo par seconde.
C'est la raison pour laquelle un abonnement annoncé à 1 Gb/s donne, dans le meilleur des cas, un téléchargement autour de 125 Mo par seconde. La règle de conversion est simple :
| Débit annoncé | Téléchargement réel maximum | Un fichier de 700 Mo |
|---|---|---|
| 8 Mb/s (ADSL) | 1 Mo/s | environ 12 minutes |
| 50 Mb/s (VDSL2) | 6,25 Mo/s | environ 1 minute 50 |
| 300 Mb/s (fibre) | 37,5 Mo/s | environ 19 secondes |
| 1 Gb/s (fibre) | 125 Mo/s | environ 6 secondes |
Ces durées sont des plafonds théoriques. Dans la vie réelle, le serveur qui vous envoie le fichier, votre Wi-Fi et le disque de votre appareil réduisent tous le résultat.
Le débit descendant, appelé download, mesure ce que votre connexion peut recevoir. C'est lui qui compte pour regarder une vidéo, charger une page ou télécharger un fichier. Le débit montant, appelé upload, mesure ce que votre connexion peut envoyer. Il intervient dès que vous participez à une visioconférence, que vous sauvegardez des photos dans le cloud, que vous envoyez une pièce jointe volumineuse ou que vous diffusez une vidéo en direct.
La plupart des accès grand public sont asymétriques : le montant est bien plus faible que le descendant. Une ligne ADSL à 15 Mb/s en descendant plafonne souvent à 1 Mb/s en montant. C'est très souvent l'upload, et non le download, qui explique une visioconférence saccadée alors que le test de débit affiche un bon chiffre. La fibre optique jusqu'au logement est la seule technologie qui propose couramment des offres réellement symétriques.
Le ping, ou latence, mesure le temps d'un aller-retour entre votre appareil et un serveur, exprimé en millisecondes. Il ne dépend pas du débit mais de la distance, du nombre d'équipements traversés et de la technologie d'accès. Un débit énorme avec une latence élevée donne une navigation qui semble lente, parce que chaque page web déclenche des dizaines d'allers-retours avant de s'afficher.
| Latence mesurée | Ressenti |
|---|---|
| Moins de 20 ms | Excellent, adapté au jeu en ligne compétitif |
| 20 à 50 ms | Très bon, aucun décalage perceptible |
| 50 à 100 ms | Correct, léger décalage en visioconférence |
| 100 à 250 ms | Gênant pour le jeu et les appels vocaux |
| Plus de 250 ms | Navigation lente même avec un gros débit |
Deux mesures complètent utilement la latence. La gigue, ou jitter, décrit la régularité de ces allers-retours : une gigue élevée hache le son d'un appel même si la latence moyenne reste bonne. La perte de paquets, exprimée en pourcentage, indique la proportion de données à retransmettre. Au delà de 1 ou 2 pour cent, les appels et les jeux deviennent instables.
Les besoins réels sont beaucoup plus modestes que ce que laissent croire les offres commerciales. Voici les ordres de grandeur généralement admis, par flux et pour un seul appareil.
| Usage | Débit descendant conseillé | Débit montant conseillé |
|---|---|---|
| Navigation et messagerie | 2 à 5 Mb/s | 1 Mb/s |
| Musique en streaming | 0,5 Mb/s | négligeable |
| Vidéo en définition standard | 3 Mb/s | négligeable |
| Vidéo en haute définition 1080p | 5 à 8 Mb/s | négligeable |
| Vidéo en 4K | 15 à 25 Mb/s | négligeable |
| Visioconférence en HD | 2 à 4 Mb/s | 2 à 4 Mb/s |
| Jeu en ligne | 1 à 3 Mb/s | 1 Mb/s |
| Sauvegarde vers le cloud | négligeable | le plus possible |
Ces valeurs s'additionnent. Un foyer où deux personnes regardent une vidéo en 4K pendant qu'une troisième participe à une réunion en visio consomme environ 50 Mb/s en descendant et 4 Mb/s en montant. Une offre à 300 Mb/s reste donc largement surdimensionnée pour la majorité des usages domestiques, alors qu'un montant limité à 1 Mb/s pose immédiatement problème.
Trois notions se superposent et sont souvent confondues. Le débit souscrit est celui inscrit sur votre contrat, presque toujours accompagné de la mention « jusqu'à ». Le débit disponible est celui que votre ligne peut techniquement transporter : sur cuivre il dépend de la longueur et de la qualité de la paire, sur mobile de la charge de l'antenne. Le débit obtenu est celui que vous mesurez, une fois passés votre box, votre Wi-Fi, votre appareil et le serveur d'en face.
L'écart entre le premier et le dernier est normal. Il devient anormal quand il dépasse durablement la moitié du débit annoncé sur un test réalisé dans de bonnes conditions, c'est à dire en Ethernet et sans autre appareil actif.
L'Arcep, l'autorité de régulation des communications électroniques, publie un observatoire des débits et un outil de vérification d'éligibilité adresse par adresse sur maconnexioninternet.arcep.fr. Ses relevés donnent une bonne idée du débit réellement atteignable dans votre commune, indépendamment des annonces commerciales.
Vous pouvez maintenant mesurer le débit de votre connexion et comparer vos chiffres aux ordres de grandeur ci dessus, puis lire comment interpréter correctement un test de débit.